Historique


 

Située en bordure de la rivière Saint-Jean, Fredericton est une ville où les francophones sont très présents et actifs grâce au Centre communautaire Sainte-Anne qui a eu pignon sur rue le 10 juin 1978. Bien avant d’avoir un lieu pour s’épanouir en français, les francophones ont dû travailler d’arrache-pied pour simplement vivre à Fredericton et parler leur langue maternelle en public.

Village de la Pointe Sainte-Anne

Les premiers habitants à Fredericton étaient Acadiens et ils avaient appelé cet endroit village de la Pointe Sainte-Anne. Au début des années 1690, le fort Nashwaak, administré par le sieur Joseph Robineau de Villebon, a été très actif sur les plans militaire, économique et missionnaire. Sainte-Anne a été la capitale de la colonie acadienne jusqu’à la fin des années 1690, année où on a détruit le fort Nashwaak pour transférer le centre administratif à Port Royal. Les familles pionnières acadiennes sont toutefois demeurées dans la région pour y instaurer un peuple français.

« Au début des années 1750, il y eu une forte augmentation de confrontations entre Français et Anglais dans l’estuaire de la Saint-Jean. La Nouvelle-Écosse comptait maintenant une nouvelle capitale, fondée en 1749, et disposait d’une plus forte population anglaise ainsi que d’une présence militaire accrue. La proximité de militaires français au fort Beauséjour et au fort érigé par les hommes du sieur de Boishébert à l’estuaire de la Saint-Jean constituait aux yeux des Britanniques une menace pour la Nouvelle-Écosse, qui comptait aussi comme voisine l’importante forteresse française de Louisbourg. De plus, les autorités d’Halifax craignaient le départ de plusieurs familles acadiennes de la Nouvelle-Écosse péninsulaire, qui allaient renforcer les établissements de la Saint-Jean, toujours sous influence française. »

Le Grand Dérangement de 1755

En 1755, les autorités coloniales de la Nouvelle-Écosse ont décidé de déporter les Acadiens, de faire un genre de nettoyage ethnique. Les Britanniques ont alors attaqué le village de la Pointe Sainte-Anne en 1758 où ils ont tout détruit. Malgré la destruction totale de leurs biens, quelques familles sont restées dans la région, mais se sont plutôt installées dans la région maintenant appelée Mazerolle Settlement et Kingsclear (French Village).

Au cours des années 1760-1770, près de 14 000 loyalistes sont venus s’installer à la St. Anne’s Point et ont pris les terres qui avaient jadis appartenues à des Acadiens. Cet endroit a été nommé Frederick’s Town, en l’honneur du second fils du roi George III de Grande-Bretagne, le duc Frederick d’York, évêque d’Osnabrück. En 1785, la nouvelle ville nommée Fredericton est devenue la capitale de la province du Nouveau-Brunswick.

Le retour des Acadiens à Fredericton

De plus en plus d’Acadiens sont venus étudier à l’École normale de Fredericton dans les années 1930. L’arrivée de Marguerite Michaud comme professeure à cette époque a provoqué une petite révolution dans le monde francophone de la capitale. En 1961, Mademoiselle Michaud, comme on l’appelait à l’époque, a été nommée principale adjointe de l’École normale, devenant du même coup la première femme francophone aux Maritimes à occuper un poste administratif. Le Cercle Sainte-Anne a été créé en 1943 et Mademoiselle Michaud en était la présidente. Il était composé de Marguerite Michaud et de ses élèves de l’École normale. Il visait à montrer la langue française dans toute sa beauté. Par la suite, le Cercle français a été créé afin de joindre tous les francophones vivant à Fredericton. Fondé en 1958 avec la participation du juge J.-Enoil Michaud, la Dre Marguerite Michaud, Léonard Arsenault, Léonce Chenard, Armand Cyr et Monique St-Hilaire, ce Cercle avait comme mandat de « soutenir et promouvoir le fait français dans les domaines social, éducatif, culturel et religieux ». Avec de multiples efforts pour obtenir des services pour les francophones, ce Cercle français a réussi à obtenir un centre communautaire-scolaire en 1978.

La création d’une école française et d’un centre communautaire

Le Cercle français de Fredericton, qui vit le jour en 1958, a contribué de façon considérable à la création d’une école française dans la capitale. Suite à l’entêtement hostile du conseil scolaire anglophone, les francophones ont décidé d’ouvrir une école privée bilingue en 1965. Avec l’appui du curé Monseigneur Boyd et des francophones des Chevaliers de Colomb, l’École primaire bilingue a accueilli 22 élèves de 1ère et 2e année dans les locaux d’un vieil édifice des Chevaliers de Colomb. En 1967, grâce à la réforme « Chances égales pour tous » du premier ministre Louis J. Robichaud, l’école française devient publique. L’école a déménagé dans une des casernes militaires de la Deuxième Guerre mondiale durant cette même année puis à l’école Montgomery en 1971. En raison du manque d’espace pour les élèves qui augmentent année après année et du manque de collaboration de la part du conseil 26, on a créé le Comité de l’avenir du Cercle français en 1972. À cette époque, les élèves devaient terminer leur enseignement secondaire (de la 10e à la 12e année) au Fredericton High School. Entre-temps, des démarches ont été émises en vue de créer un centre culturel pour les francophones. On y ajoute aussi le concept d’école des langues pour les fonctionnaires en poste à Fredericton.

Suite à une conférence de presse convoquée par le Comité de l’avenir, un comité ad hoc composé de fonctionnaires et d’hommes politiques est mis sur pied. L’idée d’un centre scolaire-communautaire est lancée. Le 15 janvier 1973, le Comité de l’avenir soumet un mémoire au premier ministre Richard Hatfield et en avril, on discutait d’un centre scolaire-communautaire cofinancé par le fédéral et le provincial. Un an après, le 21 janvier 1974, le premier ministre Richard Hatfield a annoncé publiquement la construction du centre.

Ouverture du Centre communautaire Sainte-Anne

Après de multiples embûches, le Centre communautaire Sainte-Anne (CCSA) a officiellement ouvert ses portes le 10 juin 1978. Enfin, les francophones de la capitale avaient un lieu où se réunir pour des activités sociales et culturelles. Ce fut un grand jour pour les francophones de la capitale, mais également pour tout ceux du Nouveau-Brunswick, des provinces de l’Atlantique et du Canada. Cet établissement allait devenir un modèle pour tous les autres centres qui seraient ouverts au cours des années suivantes.

Le CCSA est une société de la Couronne chargée d’administrer, au nom du gouvernement du Nouveau-Brunswick, un centre communautaire servant principalement la communauté d’expression française de la région de Fredericton. Le CCSA est administré par le Conseil communautaire Sainte-Anne. La Loi sur le Centre communautaire Sainte-Anne a reçu la sanction royale le 16 juin 1977. Elle a été proclamée et est entrée en vigueur le 22 juin 1977 et a été refondue le 30 juin 1997.

Selon l’article 3(2) de la Loi sur le Centre communautaire Sainte-Anne, la Société a pour objet, entre autres : b) de planifier, de mettre en valeur, d’administrer et de coordonner le développement général de la communauté linguistique française dans les limites de la zone géographique désignée en vertu de la Loi scolaire; c) de faciliter l’organisation de manifestations culturelles principalement en langue française et d’autres activités communautaires principalement en français, en offrant l’aide aux fins de développement et de promotion et l’aide technique ainsi que d’autres services semblables; d) de fournir les installations afin de réaliser les objets visés aux alinéas b) et c).

En 1978, on trouvait au CCSA : l’École Sainte-Anne, la bibliothèque Dre-Marguerite-Michaud, la garderie Barbapapa (qui sera remplacée par Au p’tit monde de franco), la Caisse populaire Beauséjour, la librairie Trouve-tout (qui sera remplacée par la Boutique de l’Amitié) et l’École des langues de la province (qui déménagera en 1983 pour offrir plus d’espace à l’école). À ses débuts, on y retrouvait les organismes suivants : le Cercle français, le comité de parents, le Club Richelieu, la chorale du Cercle français, le mouvement scout, les Dames d’Acadie et le groupe Rencontre.

Paroisse Sainte-Anne-des-Pays-Bas

C'est donc à partir du 15 octobre 1978 qu'une messe est célébrée tous les dimanches au théâtre du CCSA. La réponse des francophones est tellement enthousiaste que le comité religieux qui aidait le vicaire dans l'administration des affaires dites « paroissiales » n'hésite pas, au printemps 1981, à aller rencontrer l'évêque de Saint-Jean pour lui proposer la fondation d'une paroisse nationale, car les francophones sont dispersés dans tous les coins de la région. Le même été, Mgr Gilbert annonce l'avènement canonique de la paroisse Sainte-Anne-des-Pays-Bas, à partir du 2 septembre, en consultation avec les curés de toutes les paroisses environnantes. En 1987, l'évêque J. Edward Troy a encouragé les paroissiens et paroissiennes à construire une nouvelle église et la planification du magnifique édifice d'aujourd'hui a été entreprise. En 1994, le terrain a été acheté, et, en 1998, Mgr George Martin a béni le site à titre d'administrateur du diocèse.
Après une absence de 242 ans, l'entrée officielle dans la nouvelle église s'est faite la fin de semaine du 18 février 2001, et elle a été consacrée le 13 mai 2001. Bien au-delà de 700 familles de la région de Fredericton considèrent Sainte-Anne-des-Pays-Bas comme leur paroisse.

D’un agrandissement à un autre

Avec le nombre d’élèves grandissant, le CCSA a agrandi son bâtiment en 1991 pour laisser plus de place à l’école Sainte-Anne. Un deuxième agrandissement a débuté en 2007 pour se terminer en 2009. Le CCSA est alors passé de 15 000 à 25 000 mètres carrés et il est devenu un des plus grands édifices du gouvernement du Nouveau-Brunswick. Suite à cet agrandissement, de nouveaux services se sont ajoutés dont la nouvelle école des Bâtisseurs, le Centre de santé Noreen-Richard, le Café Olé! (maintenant devenu le Café d’ici) et la Maison des jeunes L’acAdo.

Le CCSA en 2016

Le 10 juin 2016, le CCSA a célébré ses 38 ans! Au fil des ans, il est devenu un véritable chef de file en matière de leadership, d’innovation et de rayonnement. Il offre une programmation culturelle et communautaire variée qui en met plein la vue avec des arts de la scène pour les adultes et les plus jeunes, des événements divers (ex. : les célébrations du 15 août), des films en français pour toute la famille, des expositions, des cours, des ateliers ou des conférences touchant différents domaines, et bien d’autres!

On trouve les services et salles suivants dans l’édifice ou sur ses terrains :

1) école Sainte-Anne, regroupant les élèves de la 6e à la 12e année;
2) école des Bâtisseurs, regroupant les élèves de la maternelle à la 5e année;
3) garderie Au p’tit monde de franco inc., accueillant des enfants de 0 à 12 ans;
4) bibliothèque Dre-Marguerite-Michaud, servant les secteurs scolaire et communautaire;
5) CJPN – Radio Fredericton;
6) Maison des jeunes L’acAdo;
7) Centre de santé Noreen-Richard;
8) Café d’ici;
9) Collectif économique d’innovation culturelle et identitaire (CÉ D’ICI);
10) l’Oasis (centre de ressources pour les 50 ans et plus);
11) centre Mosaïque (centre d’accueil pour les nouveaux arrivants);
12) église Sainte-Anne-des-Pays-Bas (édifice séparé du CCSA);
13) théâtre Bernard-Poirier (410 sièges), utilisé comme salle de spectacle, auditorium scolaire, salle de congrès ou de réunions publiques;
14) gymnases Michel-LeBlanc (école Sainte-Anne) et de l’école des Bâtisseurs utilisés par les écoles pendant les heures de classe et par la communauté les soirées et les fins de semaine;
15) cafétérias des deux écoles, servant la clientèle étudiante pendant l’année scolaire et la clientèle publique les soirs et fins de semaine;
16) salles de réunion;
17) Galerie des Bâtisseurs;
18) locaux administratifs du CCSA et des entrepôts.

Et n’oublions pas les collaborateurs suivants qui contribuent au mieux-être de la communauté : Uni Coopération financière (anciennement la Caisse populaire Beauséjour), la nouvelle école Les Éclaireurs (ouverte depuis septembre 2015 et accueillant les élèves de la maternelle à la 8e année sur la rive Nord de Fredericton), le nouveau Service de garde L'Envolée (ouvert depuis septembre 2015, situé sur la rive nord de Fredericton et dans le même édifice que l'école Les Éclaireurs) et l’école Arc-en-ciel d'Oromocto.

Une vingtaine d’organismes accrédités gravitent autour du CCSA, entre autres, les Fous de la scène, le Chœur de Soulanges, les Chevaliers de Colomb, le Club Richelieu et le Festival francophone de Fredericton. Ces organismes ajoutent une belle variété d’activités qui sont proposées à la communauté francophone de la région de la capitale. La liste complète des organismes est disponible sous la rubrique Organismes et services.

En 2016, le nombre de francophones dans la région de Fredericton est évalué à près de 10 000, alors qu’en 1978, on en comptait qu’environ 2 500. Ce nombre grandissant des résidants francophones et la demande pour des services en français expliquent l’évolution remarquable du CCSA.

Le CCSA de Fredericton… l’endroit où s’épanouir en français dans la région de la capitale du Nouveau-Brunswick!